1986 : Rencontre avec les Tsémay

Par Paul Dequidt   |   16 janvier 2019

extrait de mon livre « Les Aventuriers du café perdu »​​

Mon premier séjour dans la Vallée de l’Omo fut l’occasion rêvée de découvrir de nouvelles tribus. C’est près d’une rivière à sec que je rencontre pour la première fois une femme Tsémay. Elle est grande, effilée, vêtue uniquement d’une longue peau de chèvre ouverte sur les côtés.

Ce que j’aperçois en premier, de l’intérieur du véhicule, c’est la calebasse qu’elle tend. Dedans, il y a des morceaux d’encens. Vous y voyez un lien avec le cadeau des Rois Mages à l’enfant Jésus ? Ce n’est pas un hasard. On raconte dans la tradition éthiopienne que l’un des savants venu offrir un trésor de son pays à la naissance du Christ était originaire d’Abyssinie.

Lorsque je m’approche de la jeune femme à la calebasse, pour la photographier, un détail m’intrigue. Il semble qu’un bout de bois soit cousu à l’arrière de sa peau de chèvre. On voit en particulier l’extrémité de ce bâton qui s’enfonce dans le sol et laisse une trace dans la terre.

Un accessoire de mode ? Un moyen de défense ? Pas du tout ! Il s’agit d’une version – un peu moins moderne – du traqueur GPS ! Si, aujourd’hui, on peut connaître les déplacements d’une personne en installant un logiciel sur son téléphone, chez les Tsémay, les maris ont depuis longtemps trouvé une alternative radicale : suivre les traces laissées dans le sol par le bâton accroché au vêtement de leur femme…

=> Pour plus d’anecdotes et de photos sur mon expédition dans la Vallée de l’Omo, procurez-vous mon premier livre : Les Aventuriers du Café Perdu.

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